À Tulle, le 13 Février 2020 “Paroles de femmes et exil – D’ailleurs, elles parlent”.

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Dans le cadre de son programme Féminin Pluriel, la délégation Brive-Limoges-Tulle de l’ACF MC a proposé une conversation intitulée “Paroles de femmes et exil – D’ailleurs, elles parlent”.

Professionnels et acteurs associatifs auprès de personnes en situation de migration ont pris part aux échanges à partir des témoignages de deux femmes. Mme Antoine, bénévole d’une association, a créé un atelier d’écriture destiné à des femmes, pour leur permettre d’évoquer leur expérience de l’exil. Mme Ribeiro qui intervient en qualité de référente asile les aide à régulariser leur situation.

Au cours de la conversation, J.-F. Cottes a pointé la question de l’acte dans l’exil. Ainsi, au prix d’une perte, partir est un acte.

Il est aussi un paradoxe en devenant une rupture qui ouvre à la possibilité d’une construction, permettant d’advenir en tant que sujet par la voie du désir.

La dimension créatrice de la parole a été le fil rouge de la soirée. Des personnes en situation d’exil, dans leur démarche de régularisation auprès des instances bureaucratiques, font face à des protocoles rabotant le dire et l’énonciation au profit d’un parler obligé.

La question de la vérité pour soi se pose alors parfois contre l’exactitude pour l’autre.

Les témoignages de nos invitées, ont fait valoir la dimension de leur propre désir dans la rencontre avec ces parlêtres en exil. La prise de parole spontanée, au cours du débat, de certaines de ces femmes en a accentué le tranchant. En permettant à des femmes en exil de se dire, de s’inscrire dans le lien social et d’apprendre la langue du pays d’accueil, ces deux intervenantes défendent avec subversion une position d’accueil que J.-F. Cottes a souligné en dépliant la phrase de Lacan “le désir de l’homme est le désir de l’Autre”.

Fanny Laramade et Gérard Darnaudguilhem