LA PSYCHANALYSE INDISPENSABLE EN MÉDECINE

Crédit photo : Gabriel Bassino sur Unsplash
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Le thème du colloque UFORCA La psychanalyse indispensable en institution, « incontournable » nous dit Gil Caroz dans son argument, a résonné pour moi dans ma pratique de médecin gynécologue.

Un cartel s’est constitué avec Jean-Robert Rabanel comme plus-un.

L’aide précieuse de ma cure, le travail de l’École, ont permis d’insuffler à mon travail de médecin une autre approche de la demande, une écoute particulière.

Guidé par des recommandations qui écrasent la particularité et effacent la clinique, le discours scientifique se fait toujours plus insistant. Face à celui-ci, la psychanalyse introduit la « bulle d’air » partant du sujet qui demande à être libéré de son symptôme et découvre, par cette pratique de la parole, son désir inconscient. 

Lors de mon intervention au Séminaire de Recherche, j’ai présenté une vignette clinique de ma pratique.

Le trauma subvertit les instances temporelles. Mortifère par son coté répétitif, il est mémoire d’un passé qui tue la mémoire en l’excédant.

C’est à partir d’un symptôme insistant, logé dans le corps, et d’une offre de parole, qu’un travail a pu s’élaborer pour Lisa.

Dire l’indicible d’un trauma de l’enfance se situe au joint intime de ce qui peut, ou ne peut pas se dire au titre du réel. Dans son Séminaire XXI, Lacan indique que « Le dire est de l’ordre d’un évènement [1]Lacan J., Le Séminaire, livre XXI, « Les non-dupes errent », leçon 18 décembre 1973, inédit.», ce qui n’est pas le cas de la parole.

Dans le discours analytique entre savoir et corps, il existe une conceptualisation de la jouissance. « La jouissance, ne s’interpelle, ne s’évoque, ne se traque, ne s’élabore qu’à partir d’un semblant [2]Lacan J., Le Séminaire, livre XX, Encore, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Seuil, 1975, p. 85.» nous dit Lacan dans le Séminaire XX.

Le trauma sexuel fait support à cerner l’indicible de la jouissance. C’est la rencontre avec une jouissance ignorée qui fera retour dans le symptôme, formation qui voile le réel en jeu.

Le symptôme est une chance pour le sujet. Sa fonction réside en un nouage, voire réparation du trou.

Une psychanalyse permet de savoir quelque chose de cette position d’objet, de pouvoir lire le symptôme qui en découle et de prendre en compte la jouissance.

C’est grâce au passage de la position médicale à celle d’analyste, que le travail de Lisa appuyé sur le transfert, a pu opérer un traitement de sa jouissance et la dégager des conséquences mortifères de l’acte incestueux de l’enfance.

Références

1 Lacan J., Le Séminaire, livre XXI, « Les non-dupes errent », leçon 18 décembre 1973, inédit.
2 Lacan J., Le Séminaire, livre XX, Encore, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Seuil, 1975, p. 85.

Catherine Linstrument