En finir avec la psychanalyse ? Vraiment ?
La venue récente d’Éric Marty a donné une teinte joyeuse à cette guerre du goût menée par l’ECF contre le sombre trafic politico-scientiste en cours dont la psychanalyse fait de nouveau les frais, d’une façon particulièrement retorse. Les différentes interventions du Forum du 12 mars « Les esbroufes de la HAS [1] » ont donné une lecture argumentée des ressorts de cette entreprise assassine.
Les deux temps de rencontre avec É. Marty, au local de l’ACF en MC et à la librairie « Les Volcans », n’étaient pas sans résonnance avec son magnifique article sur « L’objet de la psychanalyse [2] »., paru la veille dans Libération. Dans son style d’orateur à la fois modeste et poétique, cheminant pas-à pas avec des repères précis, il a su donner un écho subtil du point de rencontre entre Lacan et Barthes : « une éthique de la castration », seule à même d’instaurer « un mode de relation vrai » aux autres.
N’est-ce pas précisément ce que permet le cartel, ce petit groupe de travail créé par Lacan comme support de son École pour l’étude et la transmission de la psychanalyse ? Les soirées d’étude sur la lecture du Séminaire XII témoignent de la justesse de cette trouvaille de Lacan : une modalité de l’étude « à plusieurs », à distance des effets de groupe, ramenant chacun à la solitude de son rapport singulier à l’objet a.
Le soin apporté à l’organisation de la conférence d’É. Marty par les collègues du comité régional, son déroulement dans une atmosphère courtoise et attentive font signe de la sensibilité et de l’engagement de notre communauté de travail dans la mobilisation actuelle de l’ECF contre la mise à mort programmée du sujet, où le désir se voit ravalé à une marchandise et la parole invitée à se taire.
Cette automatisation anonyme et programmée du désir ne fait-il pas de Pavlov le penseur le plus actuel de notre temps, où la moindre trace de distance, d’incrédulité, d’ironie, se voit sévèrement jugée ?
C’est pourquoi il est important d’entretenir la conversation avec des amis de la psychanalyse pour qui désirer avec Freud et Lacan s’impose comme antidote, et qui le font savoir publiquement.
D’autres invitations suivront, dont une est en préparation pour septembre autour de Freud et Canguilhem, qui vous sera prochainement précisée.
Notez aussi dès à présent une rencontre le 27 juin prochain, clinique cette fois, avec notre collègue Monique Amirault, membre de l’ECF, qui viendra nous présenter son ouvrage Tous des exceptions [3].
« Il est absurde de prétendre que les batailles défensives devraient se borner à parer les attaques, et non chercher la destruction de l’ennemi » écrivait Clausewitz dans un éloge de la fronde pour qui la victoire sur l’ennemi dépend de chaque bataille particulière « s’il s’y trouve le degré suffisant de force et d’énergie [4] ».
Vous trouverez dans ce Courrier la présentation des activités organisées par nos collègues dans les différentes localisations qui témoignent de cette vitalité du discours analytique dans l’ACF en MC, source de rencontres renouvelées.
Cette mobilisation de politique lacanienne sera au cœur de l’Assemblée consultative annuelle qui se déroulera le 5 septembre avec Ligia Gorini. Elle animera ensuite avec Clément Marmoz la Rentrée des cartels.
Bonne lecture
Valentine Dechambre
[1]. Forum ECF « Les esbroufes de la HAS » à visionner sur Youtube Lacan Web Télévision.
[2]. Lacan J., Le Séminaire, livre XIII, L’objet de la psychanalyse, texte établi par Jacques-Alain Miller, Paris, Seuil, 2026.
[3]. Amirault M., Tous des exceptions, Paris, EURL Huysmans, Presses Psychanalytiques de Paris, 2025.
[4]. De la guerre, livre VI, chapitre IX : « La bataille défensive ».





