Écho de la matinée préparatoire aux J55 à l’Antenne d’Aurillac

© Aurélie Boissinot

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Nous avons eu le plaisir de recevoir Jean-Pierre Rouillon à Aurillac par une belle matinée, le 4 octobre 2025. Ceux qui ont bravé la pluie ont pu assister à une conférence très enseignante où la question du comique s’est nouée à la clinique des psychoses. Cette conférence s’inscrivait en lien avec la préparation des J55 qui ont eu lieu à Paris, les 15 et 16 novembre, intitulées « Le comique dans la clinique ».

Après avoir fait la distinction entre le mot d’esprit lié à l’inconscient et à la langue, le comique lié à l’imaginaire et le moi, l’humour en lien avec le surmoi, J.-P. Rouillon a abordé la question de la joie et de la satisfaction à partir du texte des Autres écrits, « Allocution sur les psychoses de l’enfant[1] ».
Commentant : « le principe de plaisir, c’est le frein de la jouissance[2] », il a précisé que la satisfaction n’a pas de sens, qu’elle n’est pas en lien avec l’Autre, mais « [qu’elle] opère réellement comme un frein à la jouissance même si [ce frein] est temporaire et reste précaire ».

« Quelle joie trouvons-nous dans ce qui fait notre travail ?[3] ». Cette phrase de Jacques Lacan, nous a confié J.-P. Rouillon, l’a accompagné tout au long de son travail en institution avec des sujets psychotiques. À partir d’une pratique du hors sens, il a fait valoir la motérialité de lalangue chez certains sujets.
« S’extraire de l’emprise d’une jouissance mortelle » pour entrer dans la vie, c’est « trouver une satisfaction qui libère de l’exigence infinie de la pulsion ». Ainsi, chez tel patient, après des années d’errance, « la joie se trouve surgir à l’horizon d’une trouvaille, d’une contingence ».
« Laisser libre cours à l’invention et à la création c’est nouer autrement ce qui nous embrouille dans l’existence, [a-t-il conclu] c’est ce dont témoigne le surgissement de la joie et ce qui répond d’un trait à ce que parler veut dire ».

La conférence a soulevé de nombreuses questions chez les participants.

Monique Hermant


[1] Lacan J., « Allocution sur les psychoses de l’enfant », Autres écrits, Paris, Seuil, avril 2001.
[2] Lacan J., op cit p. 364.
[3] Ibid, p. 369.

Monique Hermant